Le cantique du Toungouse

Un roman d’Oleg Ermakov publié aux éditions des Syrtes

le cantique du toungouse couv

Par une nuit d’hiver, sur une côte sauvage du lac Baïkal, Michka tente d’échapper à ses poursuivants. Son peuple est celui des Evenks, de l’antique famille sibérienne des Toungouses. Le jeune fugitif a été élevé à l’école de la taïga par la chamane Katé, sa grand-mère, qui incarne la sagesse de la communion avec la nature, sait parler aux animaux et lire la forêt comme un livre…

Bientôt, Michka est rattrapé. Et pourtant sa cavale ne s’arrête pas là. Le Toungouse entame en effet une quête de ses origines qui, d’une spirale à l’autre, dans un mélange poétique de souvenirs, de songes et d’action, le ramène invariablement à l’univers baïkalien.

Véritable déclaration d’amour au lac Baïkal et à sa nature envoûtante, Le cantique du Toungouse est aussi une fable écologique et poétique qui nourrit la pensée en plongeant le lecteur dans une ambiance magique.


Michka Maltchakitov est un evenk, un Toungouse du lac Baïkal. Héritier d’un peuple nomade parcourant auparavant la taïga enneigée, élevant des rênes avant d’être sédentarisé par le pouvoir.

Accusé d’incendie criminel, il réussit à s’échapper, assoiffé de liberté, traqué.

Une traque sans fin qui lui donnera l’occasion de revenir sur ses pas, de se pencher sur ses souvenirs.

Voilà un roman atypique, digne cousin du nature writing à l’américaine.

Oleg Ermakov nous conduit dans l’immensité de la taïga et du lac Baïkal, au cœur d’une nature âpre et magnifique. Le froid, le vent, les animaux sont autant de pièges mortels qui guettent les hommes.

Pourtant, cette région attire aventuriers, scientifiques, jeunes citadins. L’appel de la nature. L’appel de la liberté.

Il faut accepter avec ce roman d’être porté comme par le koultouk, vent violent, d’un endroit à l’autre, d’une histoire à l’autre. Il faut accepter d’être parfois perdu, de ne pas voir exactement où Oleg Ermakov veut nous emmener.

Mais si l’on accepte le pacte, alors c’est un roman complexe et poétique qui s’offre à nous.

On y parle de Michka Maltchakitov et de ses racines evenks. De traditions séculaires se heurtant à la science et au progrès invoqué par le pouvoir central. De politique. De la nature et d’écologie. De la nature humaine. Autant de prismes différents pour évoquer cette région du monde.

Je referme ce livre avec un sentiment de dépaysement. Avec la volonté de partir à l’aventure comme tant d’autres, poussés par un besoin de liberté.

Irkoustk était bien connu pour ses crimes de rue. En fin de soirée, on se prenait facilement un cocard ou une lame de couteau dans les côtes. ça se battait sans arrêt. Au nom de quoi ? De l’argent, sans doute. Ou, parfois, du simple droit à la vie. Car ici, malgré tout, les gens mouraient. Refuge des immortels, la ville ne l’était qu’en apparence. Des accidents s’y produisaient sans cesse, on se mettait à la morgue des cadavres anonymes, des ivrognes se bagarraient. On se cognait dessus à coups de bouteilles, de clés à molette, de pelles, de coups-de-poing américains…C’était la guerre de tous contre tous.

Comment pouvait-il en être autrement ? On manquait de place. On se marchait dessus. On roulait en tas. On s’agglutinait dans les magasins. On faisait la queue même au cinéma. Parfois, ça se battait. Oyo…qu’aurait dit grand-mère Katé ? Ici, c’était toujours la même chanson : dyngdy-dyngdy. Vilaine comme chanson, la chanson du fer. Ils étaient trop à l’étroit, mais ne voulaient pas se disperser. Massés en troupeau, ils beuglaient.

3 réflexions sur « Le cantique du Toungouse »

  1. Je viens de terminer ce roman. Vous avez raison de mentionner le fait qu' »il faut accepter d’être parfois perdu », car c’est le cas. J’ai été transporté par le récit de la 1ère et 2ème partie la plupart du temps, mais je trouvais la fin du roman laborieuse. Je ne comprenais pas où voulait en venir l’auteur, je trouvais cela opaque. Qu’en pensez-vous? Mais oui, il s’agit tout de même d’un réel dépaysement !

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    1. J’aime bien quand un roman me bouscule aussi même si, je vous l’accorde bien volontiers, la troisième partie n’est clairement pas la plus réussie, j’ai aimé le changement de perspective mené par l’auteur. J’ai aimé cette impression d’être baladée et tourneboulée sans que je comprenne totalement le pourquoi du comment.

      Aimé par 1 personne

      1. Je comprends et c’est vrai qu’on est dès les premières pages quelque peu déstabilisé par ce récit, au sens positif du terme ; mais ce fil ténu qui nous relie au roman se casse pour moi dans cette troisième partie, je dois avouer.

        Aimé par 1 personne

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