Profession romancier

Un livré d’Haruki Murakami publié aux éditions Belfond

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Écrire un roman n’est pas très difficile. Écrire un roman magnifique n’est pas non plus si difficile. Je ne prétends pas que c’est simple, mais ce n’est pas non plus impossible. Ce qui est particulièrement ardu, en revanche, c’est d’écrire des romans encore et encore. Tout le monde n’en est pas capable. Comme je l’ai déjà dit, il faut disposer d’une capacité particulière, qui est certainement un peu différente du simple « talent ».
Bon, mais comment savoir si l’on possède cette aptitude ? Voici la réponse : plongez dans l’eau et voyez si vous nagez ou si vous coulez.
Bienvenue sur le ring !

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L’avenir de la planète commence dans notre assiette

Un livre de Jonathan Safran Foer publié aux éditions de l’Olivier

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Le réchauffement climatique est la question cruciale de notre époque. Dans L’avenir de la planète commence dans notre assiette, Jonathan Safran Foer l’affronte à sa façon, une façon surprenante, créative et engagée. L’angle
qu’il privilégie est celui de l’élevage intensif des animaux pour la consommation de viande, une aberration écologique et morale aux conséquences désastreuses, qui pourrait bien détruire notre planète.
L’auteur analyse avec empathie et humour les défis auxquels nous avons à faire face et propose des solutions concrètes.
L’avenir de la planète commence dans notre assiette est peut-être, en fin de compte, un essai très optimiste. Ce que nous dit Jonathan Safran Foer, c’est qu’il n’est jamais trop tard pour inverser la tendance.


Réchauffement climatique. L’expression devenue une réalité quotidienne.

La nécessaire prise de conscience que notre mode de vie est en train de détruire la planète.

Mais que peux-t-on faire ? Certes, les industriels, les décideurs politiques doivent prendre leurs responsabilités mais c’est aussi à nous, simples citoyens, de changer nos habitudes.

Autant dire que j’attendais cet essai avec impatience. Je m’attendais à ce qu’il traite du coût insupportable de l’élevage, des produits qui viennent de l’autre bout de la planète, gorgés de pesticides etc.

Et là, grosse déception. L’auteur, dans son propos préliminaire, nous explique à quel point le changement climatique est difficile à appréhender au quotidien, ce qui rend les changements nécessaires pour le limiter encore plus difficiles.

Il nous explique brièvement que l’élevage, outre l’aspect immoral des conditions de vie des animaux, est dangereux pour la planète.

Et c’est en caricaturant légèrement le résumé du livre. Restant très théorique, multipliant différents exemples pour au final dire la même chose, l’auteur m’a semblé tourner en rond tout au long de l’essai. Résultat : je me suis profondément ennuyée.

J’espérais des conseils pratiques, des méthodes pour opérer au mieux les choix pertinents pour une alimentation plus respectueuse de l’environnement. Peut-être des remises en cause d’idées préconçues…bref, plein de choses mais pas ce que l’auteur a développé.

Une déception sur une thématique qui m’intéresse beaucoup…

Les dettes contractées pour payer ses impôts peuvent être négociées. Les infrastructures tombant en ruine peuvent être restaurées ou remplacées. Même un certain nombre de dommages causés à l’environnement – comme les zones mortes des océans, la pollution de l’eau, la perte de biodiversité, la déforestation – ont été et peuvent encore être réparés. Mais pour ce qui est des émissions de gaz à effet de serre, l’idée même d’hypothèque n’a aucun sens : personne – ni aucune institution ni Dieu – ne nous consentirait un prêt si démesurément hors de proportion avec nos moyens. Et tandis que l’humanité se sent peut-être trop forte pour faire faillite, personne ne viendra nous renflouer.

La supplication – Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse

Un livre de Svetlana Alexievitch publié chez J’ai Lu

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« Des bribes de conversations me reviennent en mémoire… Quelqu’un m’exhorte : – Vous ne devez pas oublier que ce n’est plus votre mari, l’homme aimé qui se trouve devant vous, mais un objet radioactif avec un fort coefficient de contamination. Vous n’êtes pas suicidaire. Prenez-vous en main ! « 

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19 femmes – les Syriennes racontent

Un livre de Samar Yazbek publié aux éditions Stock

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« 19 femmes est le fruit d’une série d’entretiens que j’ai menés avec des Syriennes dans leurs pays d’asile, ainsi qu’à l’intérieur du territoire syrien. À chacune j’ai demandé de me raconter « leur » révolution et « leur » guerre. Toutes m’ont décrit le terrible calvaire qu’elles ont vécu. Je suis hantée par le devoir de constituer une mémoire des événements qui contrerait le récit qui s’emploie à justifier les crimes commis, une mémoire qui, s’appuyant sur des faits incontestables, apporterait la preuve de la justesse de notre cause. Ce livre est ma façon de résister. » Samar Yazbek.

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Des hommes justes

Un essai d’Ivan Jablonka publié aux éditions du Seuil

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Comment empêcher les hommes de bafouer les droits des femmes ? En matière d’égalité entre les sexes, qu’est-ce qu’un « mec bien » ? 
Il est urgent aujourd’hui de définir une morale du masculin pour toutes les sphères sociales : famille, entreprise, religion, politique, ville, sexualité, langage. Parce que la justice de genre est l’une des conditions de la démocratie, nous avons besoin d’inventer de nouvelles masculinités : des hommes égalitaires, en rupture avec le patriarcat, épris de respect plus que de pouvoir. Juste des hommes, mais des hommes justes.


Première lecture dans le cadre du grand prix des lectrices Elle mais également première lecture de Ivan Jablonka.

C’est un essai très intéressant, facile d’accès qui retrace l’origine du patriarcat et s’interroge sur les nouvelles masculinités.

Comment les femmes ont-elles été cantonnées aux rôles de mères, de femmes d’intérieurs veillant au confort de leur famille ?

Après une première partie plus historique sur l’instauration du patriarcat, Ivan Jablonka retrace les grands jalons du combat féministe.

Il propose aussi toute une réflexion sur ce que nos sociétés attendent « d’un homme » démontrant que ces normes dépassées conduisent notamment à exclure les femmes mais également les hommes minoritaires.

Cet essai rappelle – si besoin en était – que le féminisme n’est pas juste le combat des femmes. Il est au bénéfice de tous.

Réfléchir à un masculin qui n’opprime pas, qui n’a pas besoin de se définir exclusivement en matière de virilité, de pouvoir est une nécessité.

Voila un essai qui se lit, se pose, se reprend en main, qui s’annote et donne de nouvelles pistes de réflexions et de lectures !

Il est fondamental de distinguer le patriarcat des individus qui, selon leur sexe, en tirent un avantage ou le subissent. Le patriarcat est d’abord un système de pensée, fondé sur des lois, des normes, des croyances, des traditions, des pratiques – et ce système « tient » tout seul. En impliquant des institutions aussi complexes que l’Etat, la religion ou la famille, il leur emprunte des arguments qui tous convergent pour justifier la subordination des femmes, de telle sorte qu’elle apparaît comme une chose « normale », ancrée dans la nature, fondée en raison, conforme à ce qui s’est « toujours fait ».

Le procès d’Oscar Wilde

Un livre de Merlin Holland publié chez le Livre de Poche

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1895. Après avoir été publiquement traité de » sodomite « , Oscar Wilde intente un procès en diffamation au marquis de Queensberry, le père de son jeune amant. Mais son action échoue et la Couronne le poursuit devant les tribunaux pour outrage aux bonnes mœurs. Reconnu coupable d’homosexualité, il est condamné à une peine de deux ans de travaux forcés qu’il purgera dans la tristement célèbre geôle de Reading. Pour la première fois en France, cet ouvrage présente l’intégralité du procès en diffamation qui fit basculer le destin de Wilde. Continuer à lire … « Le procès d’Oscar Wilde »