Sous les eaux noires

Un roman de Lori Roy publié aux éditions du masque

sous les eaux noires couv

Lorsque, à la fin du lycée, Lane Fielding a fui Waddell, sa ville natale au fin fond de la Floride, pour l’anonymat de New York, elle s’est juré de ne jamais y revenir. Pourtant, vingt ans plus tard, fraîchement divorcée et mère de deux filles, elle se retrouve contrainte de retourner vivre chez ses parents, sur la plantation historique de la famille. Un lieu hanté par le passé et les crimes sinistres de son père, ancien directeur d’une maison de correction.

Continuer à lire … « Sous les eaux noires »

Mères

Un roman de Théodora Dimova publié aux éditions des Syrtes

meres couv

Dans la Bulgarie postcommuniste, les destins de sept adolescents, élèves dans le même lycée, se croisent dans le chaos qui les entoure et les désarrois familiaux. En  » mal de mère », Andreia, Lia, Dana, Alexander, Nicola, Deyann et Kalina vivent, chacun à leur manière, les souffrances de l’enfance ou la démission des parents. Dans ce chaos, le rêve d’une vie meilleure est incarné par Yavora, leur nouveau professeur, qui sait écouter et panser toutes les plaies. Et surtout garder l’espoir, malgré tout. De cette rencontre, les adolescents sortiront transfigurés mais détruits. Mères a été inspiré à son auteur par un fait divers d’une violence inexplicable dans un lycée bulgare, signe que dans cette société toutes les limites ont été dépassées. Le roman suscite beaucoup de questions d’une terrible actualité et son titre est exemplaire: comment être mère lorsqu’on a été soi-même brisée par l’arbitraire ou lorsqu’on a eu un enfant trop jeune et pas vraiment désiré ? L’écriture de Dimova, au rythme effréné, haletant, bouscule les conventions et nous laisse bouleversés et sans voix. Mères confirme ainsi la naissance d’un grand écrivain qui mérite d’être découvert par le public français.


Uppercut. En pleine face. Un écrin de noirceur.

Sofia, capitale de la Bulgarie.

Plusieurs adolescents, autant de chapitres et de témoignages, dont le seul point commun serait d’avoir des parents défaillants : dépressifs, alcooliques, indifférents.

Un nom revient dans leurs récits : Yavora. Une femme mystérieuse. Point de lumière de leurs existences sacrifiées. Qui est-elle ? Quel est son lien avec les enfants ?

Récit âpre, inspiré de plusieurs faits divers, prétexte pour dénoncer les travers de la société bulgare. La corruption, la mafia, la pauvreté et l’alcoolisme…autant de calamités dont les premières victimes sont ces jeunes, tiraillés, meurtris là où ils devraient être protégés.

Comment pourront-ils grandir, ne pas reproduire le schéma familial qui leur est imposé?

Même si les adolescents sont le point d’articulation du récit, les mères en sont l’épicentre.

Sacrifiant leurs carrières à leur maternité, elles en ressortent aigries. Elles sont dépassées par leur propre douleur. Accaparées uniquement par leur propre vie ou alors trop occupées à trouver un moyen de survivre pour pouvoir s’occuper de leurs enfants.

Elles sont l’objet de l’amour et du dévouement de leurs enfants mais elles sont également celles qui leur infligent les plus profondes blessures.

Yavora apparaît, elle, comme une figure maternelle de substitution mais elle semble si irréelle. Une sorte de métaphore de ce que l’amour parental devrait être.

Cette opposition rend le drame inévitable…

Une belle porte d’entrée pour moi à la littérature bulgare et que je vous conseille.

Est-ce que tu m’aimes, maman.

Je ne sais pas si c’est de l’affection, Andreia. Lorsque tu n’as aucun désir de faire quoi que ce soit pour ton enfant. Lorsque la seule chose qui compte au monde, c’est ton propre malheur.

Et papa, tu l’as aimé ? Non, bien sûr que non.

Mais alors, pourquoi l’as-tu épousé ?

Tout le monde se mariait. Moi aussi, je devais en faire autant.

Et tu n’as jamais été heureuse avec lui ?

Après une longue réflexion : Non, je crois que non, je crois n’avoir été heureuse que dans les buissons, lorsque je prenais les coccinelles.

Andreia et Christina se taisent. Elles se regardent dans les yeux. Elles ressentent leur attachement, leur dépendance mutuelle.

L’avenir de la planète commence dans notre assiette

Un livre de Jonathan Safran Foer publié aux éditions de l’Olivier

l'avenir de la planète couv

Le réchauffement climatique est la question cruciale de notre époque. Dans L’avenir de la planète commence dans notre assiette, Jonathan Safran Foer l’affronte à sa façon, une façon surprenante, créative et engagée. L’angle
qu’il privilégie est celui de l’élevage intensif des animaux pour la consommation de viande, une aberration écologique et morale aux conséquences désastreuses, qui pourrait bien détruire notre planète.
L’auteur analyse avec empathie et humour les défis auxquels nous avons à faire face et propose des solutions concrètes.
L’avenir de la planète commence dans notre assiette est peut-être, en fin de compte, un essai très optimiste. Ce que nous dit Jonathan Safran Foer, c’est qu’il n’est jamais trop tard pour inverser la tendance.


Réchauffement climatique. L’expression devenue une réalité quotidienne.

La nécessaire prise de conscience que notre mode de vie est en train de détruire la planète.

Mais que peux-t-on faire ? Certes, les industriels, les décideurs politiques doivent prendre leurs responsabilités mais c’est aussi à nous, simples citoyens, de changer nos habitudes.

Autant dire que j’attendais cet essai avec impatience. Je m’attendais à ce qu’il traite du coût insupportable de l’élevage, des produits qui viennent de l’autre bout de la planète, gorgés de pesticides etc.

Et là, grosse déception. L’auteur, dans son propos préliminaire, nous explique à quel point le changement climatique est difficile à appréhender au quotidien, ce qui rend les changements nécessaires pour le limiter encore plus difficiles.

Il nous explique brièvement que l’élevage, outre l’aspect immoral des conditions de vie des animaux, est dangereux pour la planète.

Et c’est en caricaturant légèrement le résumé du livre. Restant très théorique, multipliant différents exemples pour au final dire la même chose, l’auteur m’a semblé tourner en rond tout au long de l’essai. Résultat : je me suis profondément ennuyée.

J’espérais des conseils pratiques, des méthodes pour opérer au mieux les choix pertinents pour une alimentation plus respectueuse de l’environnement. Peut-être des remises en cause d’idées préconçues…bref, plein de choses mais pas ce que l’auteur a développé.

Une déception sur une thématique qui m’intéresse beaucoup…

Les dettes contractées pour payer ses impôts peuvent être négociées. Les infrastructures tombant en ruine peuvent être restaurées ou remplacées. Même un certain nombre de dommages causés à l’environnement – comme les zones mortes des océans, la pollution de l’eau, la perte de biodiversité, la déforestation – ont été et peuvent encore être réparés. Mais pour ce qui est des émissions de gaz à effet de serre, l’idée même d’hypothèque n’a aucun sens : personne – ni aucune institution ni Dieu – ne nous consentirait un prêt si démesurément hors de proportion avec nos moyens. Et tandis que l’humanité se sent peut-être trop forte pour faire faillite, personne ne viendra nous renflouer.

A crier dans les ruines

Un roman d’Alexandra Koszelyk publié aux éditions Aux forges de Vulcain

a crier dans les ruines couv

Tchernobyl, 1986. Lena et Ivan, deux adolescents amoureux l’un de l’autre, voient leur vie bouleversée par l’explosion de la centrale. Si Lena, croyant Ivan mort, part avec sa famille en France, Ivan, qui n’a pas pu quitter la zone, attend son retour. Déracinée, la jeune fille tente d’oublier son passé. Vingt ans plus tard, elle fait le chemin inverse, et repart en Ukraine. Premier roman. 

Continuer à lire … « A crier dans les ruines »

Boris Godounov

Une pièce d’Alexandre Pouchkine publié dans la collection Babel des éditions actes sud

boris godounov couv

Ce drame met en lumière une des figures les plus tragiques et les plus étonnantes de l’histoire russe, le tsar Boris Godounov. En 1598, Dmitri, héritier du trône, meurt dans des circonstances pour le moins étranges. Godounov accède au pouvoir, bien que certains le soupçonnent d’être lié à ce drame. Stupeur quand un jeune homme se présente à la cour de Pologne en assurant qu’il est le successeur disparu et qu’il veut retrouver sa place légitime… 

Continuer à lire … « Boris Godounov »

L’aviateur

Un roman d’Evgueni Vodolazkine publié aux éditions des Syrtes

l'aviateur couv

Innokenti Platonov se réveille amnésique dans une chambre d’hôpital. Geiger, son médecin, lui apprend son nom et lui demande de coucher sur le papier tout ce dont il pourra se souvenir. Les premiers épisodes remémorés décrivent l’enfance de Platonov dans la Russie tsariste : il se souvient être né en 1900, près de Saint-Pétersbourg. Son père meurt en 1917. Parallèlement, Platonov devine, atterré, qu’il s’est réveillé en 1999…

Continuer à lire … « L’aviateur »

Les âmes mortes

Un roman de Nicolas Gogol publié aux éditions Folio

les ames mortes couv

« Et que voulez-vous faire de cet état ?» s’enquit alors Manilov.
Cette question parut embarrasser le visiteur; il rougit et sembla faire effort pour chercher ses mots. De fait, il était réservé à Manilov d’entendre des choses extraordinaires, comme jamais encore oreille humaine n’en avait ouï. « Vous désirez savoir ce que j’en veux faire ? Voici : je désire-acheter des paysans… prononça enfin Tchitchikov qui s’arrêta net.

Continuer à lire … « Les âmes mortes »