Eugène Onéguine

Un roman en vers d’Alexandre Pouchkine publié chez Folio Classique (traduction nouvelle de Jean-Louis Backès)

eugene couv

 

Note : 19/20

A lire si : vous aimez les histoires d’amours contrariées

Ce célèbre roman de la littérature russe, qui a produit un chef d’œuvre de l’opéra, était d’abord un poème en strophes rimées. L’auteur y a mis sa vie – et sa mort.

Un jeune homme qui s’ennuie, la plus touchante des jeunes filles, un poète de 17 ans, un vieux mari, des créatures de rêve. C’est le roman des rencontres manquées, des amours perdues, des remords sanglants. C’est aussi, comme dit Nabokov « une des œuvres les plus brillantes jamais composées, un classique international aussi grand que Hamlet ou Moby Dick »

Cette traduction, entièrement nouvelle et remarquable d’aisance, reste fidèle au rythme de l’original, à sa « langue de diamant », à sa miraculeuse limpidité.


 

J’avais lu « Songe à la douceur » de Clémentine Beauvais qui est une adaptation de ce récit ; ayant été convaincue par la version proposée par l’auteure, je me suis dit que lire l’œuvre originale de Pouchkine était une bonne idée.

Bon, je dois vous faire une confession, à la réception de l’ouvrage j’avais été un peu déçu car j’ai alors réalisé qu’il s’agissait d’un roman en vers et du coup je l’ai rangé un peu vite dans ma PAL.

A l’occasion du challenge « Les littératures slaves » organisé sur Livraddict, je me suis dit que cela était l’occasion rêvée de donner une chance à Pouchkine et résultat des courses : je m’en suis voulue d’avoir autant attendue !

Pour le résumé, si vous voulez en savoir plus, je vous invite à aller le lire en ligne mais ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus et  franchement si vous souhaitez vous plonger dans ce classique (ou si j’arrive à vous en convaincre), ne le faites pas car le résumé en dit vraiment trop !

Les personnages principaux sont complets et complexes notamment le trio Onéguine/Lenski/Tatiana. J’ai adoré les personnages de Lenski et Tatiana : leur jeunesse, leur naïveté est tellement touchante ; le personnage d’Onéguine est moins sympathique et pourtant on ne peut que plaindre sa vie si vide, sans aucun tressaillement de l’âme.

Leurs sentiments respectifs sont retranscrits avec une grande finesse. Tout sonne juste, que ce soit l’histoire ou le décor de l’histoire.

Le narrateur du récit nous peint les paysages russes au fil des saisons avec une économie de mots mais qui sont largement suffisants pour nous immerger dans la campagne russe.

J’ai frémi, j’ai pleuré, j’ai ragé, j’ai déclamé les vers à haute voix pour en apprécier pleinement la sonorité, tenez un court exemple :

45.

Oui. J’ai atteint midi. Il faut

Sans doute que j’en sois conscient.

Et bien ! Quittons-nous bons amis,

Ô ma fugitive jeunesse.

Merci à toi pour les plaisirs ;

Pour la tristesse et les tempêtes,

Pour les souffrances délicieuses,

Pour les fêtes et leurs folies,

Pour tout ce que tu m’as donné.

Merci. J’ai connu des alarmes ;

Mais je t’ai pleinement goûtée.

Il suffit. C’est l’âme lucide

Que j’entre dans une autre voie.

J’en ai fini et je respire.

En bref, laissez-vous tenter vous ne le regretterez pas !

4 réflexions sur « Eugène Onéguine »

  1. Waou ! Quelle belle chronique ! On sent que ce livre t’a marquée. L’extrait me fait à l fois peur et envie : ce livre a l’air d’etre une véritable expérience. Merci pour le partage.
    À plus.

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