La légende des Akakuchiba

Un roman de Kazuki Sakuraba publié aux éditions Piranha

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Lorsqu’une fillette est retrouvée abandonnée dans la petite ville japonaise de Benimidori en cet été 1943, les villageois sont loin de s’imaginer qu’elle intégrera un jour l’illustre clan Akakuchiba et règnera en matriarche sur cette dynastie d’industriels de l’acier.

C’est sa petite fille, Toko, qui entreprend bien plus tard de nous raconter le destin hors du commun de sa famille. L’histoire de sa grand-mère, femme dotée d’étonnants dons de voyance, et celle de sa mère, chef d’un gang de motardes devenue une célèbre mangaka, dont le succès permettra de sauver la famille du déclin dans un Japon frappé de plein fouet par la crise industrielle.


Voilà un roman qui conviendra aux amoureux du Japon, des sagas familiales ou des récits avec une touche fantastique.

C’est un livre en trois parties qui nous dépeint trois générations de la famille Akakuchiba à travers les portraits de Man’yo, Kemari et Toko.

Le style de l’auteur est tour à tour poétique ou plus pragmatique interpellant directement le lecteur. Le livre, ancré dans le réel, présente quand même quelques touches de fantastique notamment avec les dons de voyante de Man’yo, cependant cela reste très léger, un peu dans la veine de « La maison aux esprits » d’Isabel Allende.

Le récit permet aussi de s’interroger sur les mutations profondes qu’a connu le Japon depuis la fin de la seconde guerre mondiale notamment sur la place du travail dans la société et le sens que celui-ci peut apporter à la vie. L’excès de travail, que l’on a vite en tête quand on imagine le Japon, est bien illustré lorsqu’est évoqué le travail de mangaka de Kemari.

Pour un roman dont les trois personnages principaux sont des femmes, je trouve aussi qu’assez paradoxalement la question de ce qui fait un homme…un homme revient régulièrement.

L’auteure nous interroge aussi à travers ses personnages sur le poids de l’héritage, sur la difficulté d’être à la hauteur de ses prédécesseurs.

Cependant je reste un peu sur ma faim avec la dernière partie qui présente Toko, je trouve que sa quête au final n’apporte rien de spécial au récit et est sans véritable suspens. Elle permet peut être juste d’illustrer le manque de rêve et de passions d’une jeune génération japonaise et qui dans le cas d’espèce rend cette jeune fille parfois assez irritante. On aurait envie de la secouer pour qu’elle trouve un peu d’énergie pour vivre sa vie au lieu de sembler la subir…les générations précédentes semblaient moins touchées dans ce récit par cette difficulté à trouver du sens à la vie.

Néanmoins cela ne m’a pas gâché outre mesure ma lecture de ce roman qui mérite que l’on lui laisse sa chance.

Car pour les collégiens et lycéens de cette époque, les bandes de loubards, la violence scolaire et tout ce qui allait avec ne constituaient que la moitié de l’histoire. La majorité des élèves était surtout prise dans une rude bataille connue sous le nom de « Guerre des concours ». Les hommes forts, les ouvriers de Benimidori, ceux qui avaient travaillé à la reconstruction de l’après-guerre, commençaient à ressentir la futilité du travail. Ils avaient rêvé d’une vie stable avec une maison individuelle en banlieue acquise grâce à un prêt immobilier. En d’autres mots, ils avaient rêvé de quelque chose de permanent. Ils souhaitaient que leurs enfants s’élèvent dans le nouveau système méritocratique et atteignent un statut social supérieur au leur.

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