L’amour derrière les barbelés

Un livre de Gueorgui Demidov traduit par Luba Jurgenson et Nicolas Werth et publié aux éditions des Syrtes


Comme Doubar (éditions des Syrtes, 2021), ce recueil de cinq récits est consacré aux camps staliniens où l’auteur a passé quatorze ans de sa vie (1938-1952). Rescapé de la Kolyma, Demidov en a expérimenté et observé le fonctionnement dans ses infimes détails en tant qu’acteur et victime. Son expérience est divisée en séquences peuplées de personnages dont les situations illustrent toutes les facettes de la vie des camps. Il donne ainsi un tableau extrêmement précis de cet univers concentrationnaire. En tant que témoin fiable et impartial Demidov apporte ce qui n’est documenté par aucune archive historique : les sentiments, les émotions, les stratégies de survie…

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Moi, Eve…

Un roman de Christine Sagnier publié dans la collection Autobiographie d’un mythe aux éditions Ateliers Henry Dougier


Ève a croqué le fruit que Dieu lui avait interdit, entraînant dans sa chute Adam et l’humanité à venir. Et si l’on relisait le mythe, si on le débarrassait de cette culpabilité qu’a endossée l’Homme et tout particulièrement la Femme au long des siècles ? Ève, mère de tous les vivants, curieuse, gourmande et courageuse. Ève, heureuse de faire un choix, celui d’accéder à la connaissance. Ainsi en transgressant l’ordre divin découvre-t-elle l’altérité, le doute et bientôt la finitude ; elle acquiert aussi la capacité de raisonner, de s’impliquer, d’enfanter. Avec Ève, c’est l’histoire de l’humanité qui se joue, le passage de l’état de nature à celui de culture, de l’enfance à l’âge adulte, du chasseur-cueilleur au cultivateur. En désobéissant, c’est la vie qu’Ève a choisi de croquer.

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Envers et contre tout – chronique illustrée de ma vie au Goulag

Un récit d’Euphrosinia Kersnovskaïa traduit par Sophie Benech publié aux éditions Christian Bourgois et Interférences


Alors qu’elle est à peine âgée de trente ans, Euphrosinia Kersnovskaïa voit l’URSS imposer le joug soviétique à la Bessarabie, où sa famille s’est installée après la révolution. Victime de la collectivisation, Euphrosinia perd tout. Très vite, elle est envoyée sur un chantier d’abattage de bois en Sibérie. Elle s’évade, erre des mois seule dans la taïga, puis finit par être arrêtée et condamnée à des années de camp – pour finalement travailler dans des mines de charbon.

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La maison éternelle – Une sage de la Révolution russe

Un livre de Yuri Slezkine publié aux éditions La découverte


Après la révolution de 1917, le nouveau pouvoir soviétique s’engagea résolument dans la destruction de l’ancien monde et dans la construction du socialisme. Dans le même temps, il construisit à Moscou sa propre maison, sur le site d’un ancien marécage, près de la Moskova. Cet ensemble de 505 appartements équipés, modèle d’« organisation communiste de la vie quotidienne », offrait aux hauts représentants du pouvoir bolchevique ainsi qu’à leur famille tous les services : une banque, une bibliothèque, un réfectoire, un théâtre, un bureau de poste, un court de tennis, etc.

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Différents – le genre vu par un primatologue

Un livre de Frans de Waal publié aux éditions Les Liens qui Libèrent


Voici un vibrant et passionnant manifeste pour l’égalité des genres par l’un des plus éminents primatologues de notre temps. Pour établir si les préférences et les comportements humains que nous qualifions parfois de genrés ont une origine biologique, Frans de Waal les compare avec ceux d’autres primates, non affectés par nos biais culturels.

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Dersou Ouzala

Un roman de Vladimir Arseniev traduit par Yves Gauthier et publié aux éditions Transboréal


Dans les forêts de l’Extrême-Orient russe, Vladimir Arseniev, officier explorateur avide de science et d’aventure, se prend d’amitié pour un chasseur sibérien : Dersou Ouzala, du peuple des Nanaïs, qui vouent au monde sauvage une dévotion ancestrale. De cette entente née d’expéditions au cœur de la taïga, Arseniev tire un récit aussi vrai que romanesque. Son témoignage peuplé d’ours, de tigres et de « gens de la forêt » portera le personnage de Dersou dans l’imaginaire de plusieurs générations de lecteurs du monde entier.

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Madame Mohr a disparu

Un roman de Maryla Szymiczkowa traduit par Marie Furman-Bouvard et publié aux éditions Agullo


Cracovie, 1893. Zofia Turbotyńska, sans enfants, mariée à un professeur d’université, s’efforce de gagner sa place dans la haute société cracovienne. Dans ce but, et pour lutter contre l’ennui de sa vie domestique, elle s’engage au service d’une cause caritative : la Maison Helcel, maison de soins privée pour les malades et les vieux.
Lorsqu’une résidente, Mme Mohr, est trouvée morte dans le grenier, le médecin conclut à une crise cardiaque. Mais Zofia, grande lectrice de romans policiers, y voit aussitôt un acte criminel et décide d’enquêter.

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À l’ombre de la Butte-aux-coqs

Un roman d’Osvalds Zebras traduit par Nicolas Auzanneau et publié aux éditions Agullo


Riga, 1906. À la veille de Noël, trois jeunes enfants sont enlevés. L’inspecteur Davuss y voit une occasion de débusquer les derniers « anarchistes » qui se cachent encore parmi la population. Pour lui, il n’y a pas un Letton qui ne soit mouillé de près ou de loin dans le vaste mouvement insurrectionnel de l’année 1905. Son adjoint bas du front y voit, lui, un complot des Juifs, ces « buveurs de sang qu’il faut bouter hors du pays ».

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Une passion mélancolique selon Frida Kahlo

Un roman de Christine Frérot publié dans la collection Le roman d’un chef d’oeuvre aux Ateliers Henry Dougier



Mêlant récit romanesque et enquête historique, l’auteur raconte l’histoire d’un tableau célèbre.

Se mettre dans la peau de Diego Rivera pour aborder dans ce récit les rivages du passé, c’est ne pas oublier la douleur physique de Frida Kahlo, c’est parler de l’engagement communiste et de la mutuelle admiration pour leur peinture, c’est aussi décrire leurs pouvoirs de séduction et raconter leurs liaisons, mais c’est surtout s’attacher à la nature d’un amour partagé et indestructible.

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Les jours de Saveli

Un roman de Grigori Sloujitel traduit par Maud Mabillard et publié aux éditions des Syrtes


Le chat Saveli voit le jour dans le jardin d’un hôtel particulier abandonné de Moscou. Un fragment de Vivaldi, un carton de bananes, les parfums du jardin représentent ses premiers souvenirs. Doté d’une curiosité aiguë, Saveli est attiré par l’inconnu et l’aventure. Il aime observer ce qui l’entoure, et livre ses réflexions mordantes ou acerbes avec la précision d’un joueur d’échecs. Ainsi donc, en observateur aguerri, Saveli devient un chroniqueur hors pair de son monde.

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