Maggie, une vie pour en finir

Un roman de Patrick Weber publié aux éditions Plon.

maggie couv

Voilà une lecture thématique en cette année 2018 marquant le centième anniversaire de la fin de la Première guerre mondiale.

Maggie a dix-huit ans quand éclate la Première Guerre mondiale. Issue des faubourgs de Manchester, elle s’engage comme infirmière, tombe follement amoureuse de Joseph, un soldat belge et découvre un monde qu’elle ignore totalement. Dès lors, le destin de la jeune Anglaise épousera celui d’une Europe blessée par le conflit le plus meurtrier de tous les temps.

Avec courage et détermination, guidée par l’amour et souvent opposée à sa famille, Maggie connaîtra les affres de la Seconde Guerre mondiale, l’ombre de la Guerre froide et l’appétit de vivre qui caractérise les lendemains de conflit. De 1914 aux années 60, entre passion, engagement, guerres et deuils, c’est l’histoire d’innombrables femmes du XXe siècle qui s’incarne à travers Maggie.

Parti sur les traces de sa grand-mère et de ses origines familiales, Patrick Weber nous conduit d’Altrincham à Manchester, de Londres à Bruxelles, d’Anvers au camp de concentration allemand d’Esterwegen, jusqu’à nous révéler un lourd secret de famille qui le hante aujourd’hui encore.


Je remercie les éditions Plon et Netgalley pour m’avoir permis de découvrir ce bel hommage littéraire.

Patrick Weber est un historien de l’art, journaliste et romancier belge.

Il nous raconte une histoire mais pas n’importe laquelle, celle de sa grand-mère maternelle Maggie, qu’il n’a jamais connu car cette dernière a mis fin à ses jours.

Patrick Weber se met dans la peau de son aïeule pour nous faire revivre cette femme au destin incroyable. J’imagine comme il doit être difficile de se mettre dans la peau de sa grand-mère, d’imaginer ce que les joies et les drames de sa vie ont changés en elle et comment ils l’ont amené à ce tragique dénouement final.

Maggie, issue d’une famille pauvre de Manchester, verra ses perspectives chamboulées par la première Guerre mondiale qui, grâce au travail d’infirmière qu’elle exercera, lui permettra de rencontrer Joseph, l’amour de sa vie.

L’histoire de Maggie nous offre un  panorama de ce qu’à été la vie des femmes en ce 20ème siècle, en effet sont évoquées tour à tour les filles mères, la violence domestique, le manque de perspective, la survie pendant la guerre ainsi que les changements qui s’amorcent pour la gent féminine.

Le récit est tour à tour plein d’espoir mais également de chagrins. On y découvre une enfant puis une jeune femme qui nous fait partager son quotidien difficile avec un père violent et machiste mais également plein d’amour avec une mère dévouée et une fratrie soudée.

Maggie n’est pas idéalisée par Patrick Weber, il s’attache au contraire à redonner corps à cette femme dans ses bons et ses mauvais choix.

Le récit est enlevé et les pages défilent à toute vitesse et c’est au final le bémol que j’apporterai à ce roman qui, au début prend le temps de poser les personnages, mais qui s’accélère dans la succession des événements racontés alors que j’aurais tant aimé rester plus longtemps avec eux, en savoir encore plus.

Un bon récit qui illustre le destin d’une femme durant ce 20ème siècle si plein de changement mais qui, à mon sens, aurait mérité davantage de développements pour être un coup de cœur.

Cette nuit-là, je restai à ses côtés  et, même si je savais que la partie était perdue, je refusais de l’abandonner. Il passa des heures  à répéter un prénom : Louise. Louise, Louise et encore Louise. Puis le prénom se fit de plus en plus discret, jusqu’à ne plus ressembler qu’à un fin murmure, à un souffle, de plus en plus léger. Il était six heures cinq du matin quand M. Lambert a été vaincu. Mais sa défaite n’avait rien de déshonorant. Elle ressemblait plus à un choix qu’il avait voulu assumer. Je songeais à cette mystérieuse Louise qui ignorait à cet instant précis qu’elle venait de perdre l’homme qu’elle aimait et qui l’avait tant aimée. L’histoire était tragique et, pourtant, je ne pouvais m’empêcher de penser que cette femme était heureuse. Elle avait été aimée, de la plus belle et de la plus émouvante des manières.

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