Les Crèvecœur 2 : Germain et Raphaël

Un roman d’Antonia Medeiros aux éditions Silk Thread Publishing

crevecoeur 2 couv

Le deuxième de la saga des Crèvecoeur s’ouvre en 1940, juste au moment où les Allemands envahissent Paris et réquisitionnent l’usine Bertram pour les besoins de la guerre. Germain va se retrouver au coeur de la tourmente et des drames de la Seconde guerre mondiale. Sa passion pour les chaussures féminines est alors mise à rude épreuve dans cet univers où règnent l’antisémitisme et l’ambition masculine et où des amours interdites fleurissent une fois de plus.

Germain ne sortira pas tout à fait indemne de cet épisode historique, mais c’est sans doute à ce prix que sa vocation pourra trouver le nouveau souffle dont elle a tant besoin. Notre héros va donc effectuer un retour aux sources puisque c’est à Bayeux qu’il décidera de continuer sa carrière pour devenir enfin le chausseur glorieux dont les femmes de France et d’ailleurs raffolent. Alors même qu’il tente de faire face aux secrets de famille qui ne cessent de remonter à la surface, Germain va alors croiser l’amour sous les traits de la belle Garance, une femme indépendante, créative et éprise de liberté. Saura-t-il être à la hauteur de son destin et conjurer la malédiction des Crèvecœur ? Trahisons, passions amoureuses, tragédies féminines, rien n’épargnera notre héros, pas même ce dernier secret, trouvé bine malgré lui au fin fond d’une boîte à chaussures.


Me voilà de retour avec le tome 2 des aventures des Crèvecœur. Sans surprise, si vous n’avez pas lu le tome 1, je vous conseille de le faire avant de lire cette chronique (même si j’essaie à chaque fois de ne pas trop dévoiler l’intrigue).

Nous avions laissé Raphaël, qui avait accepté l’héritage de son père, en train de lire la biographie (ou confession?) de Germain que ce dernier avait caché dans la maison familiale.

A la différence du premier tome, l’histoire est centrée sur le personnage de Germain, mis à part dans l’épilogue. J’avoue que la multiplicité des narrateurs et des histoires m’a un peu manqué, j’aurais aimé en apprendre davantage sur Raphaël et sur son futur (peut-être que cela viendra avec un troisième tome des Crèvecœur !) mais pour le reste j’ai retrouvé tous les éléments qui m’avaient convaincus dans la première partie des aventures de cette famille si particulière.

Tout d’abord et avant tout quel plaisir de retrouver la plume si particulière de l’auteure. Là encore on sent qu’Antonia Medeiros a choisi chaque mot avec le plus grand soin, qu’elle les a pesés et étudiés pour que l’ensemble du livre ait cette musique si particulière. Cependant, ne vous méprenez pas, le roman n’est pas du tout pédant, au contraire il est délicat et poétique.

On retrouve aussi la thématique des secrets de famille et de leur poids sur les générations suivantes qui doivent se dépêtrer avec tout cela. Antonia Medeiros met également en avant la passion, qu’elle soit pour des chaussures ou pour une femme, avec tout ce qu’elle a de démesuré et dévastateur.

On sent que Germain est un être qui ne trouvera jamais de bonheur paisible, et même s’il est loin d’être toujours sympathique, on ne peut que compatir au fait qu’il semble vouloir trop aimer pour se satisfaire d’une vie simple et tranquille. De ce fait, sa quête de l’amour et de la perfection semble vaine et s’il entrevoit un bonheur possible à travers son fils, cette paix lui sera aussi volée… Le dialogue muet qu’il engage avec son enfant au travers de ses écrits n’en est que plus touchant.

Voilà donc un deuxième tome qui conclut en beauté le premier et nous emporte dans une histoire de guerre et de paix, de passion et d’amour et de père et de fils.

Ne me juge pas trop vite. Tu verras, toi aussi, que l’on finit tous par se soumettre à des forces supérieures, que ce soit pendant une guerre ou pendant une vie dominée par le pouvoir des autres sur soi. Tu penses que tu es libre ? Que tu es maître de ton destin, que ta jeunesse te pardonne tout ? Détrompe-toi : l’heure tourne déjà, tes craintes s’accrochent aux parois de ta mémoire sans même que tu ne t’en rendes compte et tu te diriges vers la fin. Ta vie vient à peine de commencer, et tu te diriges déjà vers la fin. Ta jeunesse n’est qu’une triste illusion qui sert à masquer l’irrémédiable : un jour, tout cela s’arrêtera, et tu verras que, même si tu penses avoir vaincu tes démons, ils t’attendent derrière la porte de sortie.

 

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