Celui qui disait non

Un roman d’Adeline Baldacchino publié chez Fayard

celui qui couc

Note : 18/20

Quand August et Irma comprennent que la politique rattrape toujours ceux qui s’en défendent, il est déjà trop tard pour survivre, mais encore temps de mourir libres.
Le 13 juin 1936, un homme perdu dans la foule, sur le quai d’un chantier naval de Hambourg, refuse de saluer Hitler. Le 28 avril 1942, une femme fait partie du premier convoi des gazées de Ravensbrück. Ou comment une histoire d’amour devient une histoire d’insoumission.
Ce roman est leur tombeau, dédié aux vivants qui voudraient se souvenir de l’avenir.


Ce qui m’a interpellé en premier lieu, c’est cette couverture et la photo qui y est représentée : un homme au milieu d’une foule, une foule faisant le salut nazi et cet homme lui, est là, les bras croisés. Qui était-il, pourquoi fait-il cela, qu’est-il advenu de lui ?

C’est à ces questions que l’auteure nous répond.

J’ai pu lire ce roman grâce à la plateforme Netgalley que je remercie, ainsi que les éditions Fayard pour m’avoir laissé découvrir ce livre court et poignant, ce roman tragique et plein d’amour.

Plein de cette histoire d’amour entre cet homme sur la photo, August Landmesser, et de celle qui ne sera sa femme qu’à titre posthume, Irma Eckler, car le destin a voulu que ces deux-là s’aiment en dépit de tout et surtout de la politique : Irma est juive et nous sommes en Allemagne en 1934 lorsqu’ils se rencontrent.

Une autre histoire d’amour est également présente : celle d’une fille, Adeline Baldacchino, pour son père décédé, l’auteure évoque avec beaucoup de pudeur cette douleur qui quelque part la pousse à raconter également l’histoire d’August et d’Irma comme pour conjurer l’absence paternelle.

C’est un roman qui ne s’oublie pas une fois la dernière page refermée, l’auteure réussit à donner corps à cette histoire d’amour en se basant sur des registres, des notes et rapports froidement administratifs.

Adeline Baldacchino nous entraîne dans son sillage d’écrivain, on suit ses doutes et ses moments d’hésitations lorsque pour elle le récit devient trop éprouvant. Pourtant elle continue et en évoquant ce couple et le destin tragique qui fut le leur, elle leur rend ainsi hommage avec respect et compassion mais également à tous ceux qui ont osé dire non, qui ont osé braver des lois inhumaines et qui malheureusement l’ont payé de leur vie.

C’est un nouveau roman sur la seconde guerre mondiale mais qui par sa singularité et son émotion justifie sa place dans ma bibliothèque.

Et j’avais vu Dachau, Bergen-Belsen et Buchenwald, vu Auschwitz et pleuré dans la lumière du crépuscule, quand j’essayais encore de comprendre comment il était encore permis d’écrire de la poésie, comment il fallait justement en écrire parce que prier, non, ce n’était plus possible – qui voulez-vous prier : celui qui ne répondit jamais quand on le suppliait dans les chambres à gaz ?

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