Comment je suis devenu Malcolm X

 Un roman d’Ilyasah SHABAZZ et Kekla MAGOON publié chez Bayard Editions

couverture malcolm

 

Note : 16/20

A lire si : vous souhaitez découvrir la jeunesse de Malcolm X

A éviter si : vous souhaitez une biographie pure et dure, non romancée

Les parents de Malcolm l’ont toujours poussé à réaliser ses rêves. Mais comment Malcolm Little peut-il continuer à espérer, alors que son père a été assassiné et que sa mère est internée en hôpital psychiatrique ? D’autant que ses professeurs lui rient au nez lorsqu’il leur confie vouloir devenir avocat. Privé de ses frères et sœurs, Malcolm décide de fuir ce monde dominé par les Blancs…

Il s’agit d’un roman que j’ai obtenu via un concours sur le site Babelio : la maison d’éditions Bayard proposait de gagner 10 exemplaires du roman et pour une fois : j’ai gagné 🙂  donc un grand merci au site Babelio et à Bayard éditions pour cette découverte.

Bon avant tout, je souhaite m’élever contre les résumés de livres qui au lieu de vous dévoiler le début de l’intrigue vous gâche un peu tout le plaisir de la lecture en vous dévoilant tous les rebondissements du livre ! J’ai, du coup, un peu tronqué le résumé de la couverture pour vous éviter ma déception.

Ce que j’ai trouvé à la fois d’intéressant mais aussi d’un peu dérangeant est le fait que le roman a notamment été écrit par la propre fille de Malcolm X, Ilyasah SHABAZZ qui n’avait que deux ans à la mort de son père.

Je m’explique :

  • Intéressant car même si elle n’a que très peu connu son père, elle a forcément accès à des sources que les autres biographes n’auront pas comme des souvenirs de famille, des lettres personnelles…
  • Un peu dérangeant car j’ai toujours cette impression que le portrait sera un peu tronqué et enjolivé

Mais mea culpa, ici la jeunesse de Malcolm X, Malcolm Little à cette époque, est décrite sans occulter ses travers.

Ce Malcom est un garçon, puis un adolescent et enfin un jeune homme dominé par un sentiment, la colère : celle d’être orphelin de père, de vivre dans un monde dominé par les Blancs, d’être pauvre…Cette colère va animer ses choix, que ce soit de façon consciente ou non, et le conduire de compromis en arnaques puis en délits.

Le contexte historique couvre une période assez large puisque l’on suit le narrateur depuis la grande dépression jusqu’en 1948. La ségrégation, les violences physiques, les humiliations et les meurtres dont ont été victimes les afro-américains sont très bien décrits et l’on comprend sans peine la colère qui habite Malcolm.

Pourtant ce roman n’est pas sombre, il s’en dégage une vie, une force indéniable notamment quand le jeune Malcolm évoque sa passion pour la danse et le jazz.

Il s’agit enfin d’un beau roman dépeignant l’amour filial, entre un père et son fils. Earl Little, père de Malcolm, a été assassiné lorsque ce dernier n’était qu’un tout jeune enfant et pourtant il est présent tout au long du roman comme si c’était lui le destinataire des confessions de son fils. Cet enfant détruit par cette mort injuste et qui pour ne pas affronter sa tristesse et sa colère va se détourner consciencieusement de tous les principes, de tous les idéaux et combats de son père.

Je n’aurais imaginé que mon père puisse se tromper, mais il s’est trompé en ce qui me concerne. De toutes les choses qu’il m’avait promises, aucune ne s’est réalisée.

                Je serai toujours là.

                Un grand destin t’attend.

                Tu n’as rien ni personne à craindre, car Dieu est avec toi.

Je déteste avoir la sensation que mon père m’a menti. Même si je voudrais penser différemment, cette idée s’est insinuée dans mon esprit malgré moi. Il m’a menti. Il m’a raconté ces choses sur moi-même et sur le monde comme si elles étaient vraies. Ce n’étaient que ses propres espoirs.

5 réflexions sur « Comment je suis devenu Malcolm X »

  1. Oh ! Je l’ai vu en librairie et je me suis dit que je le tenterais bien. Ça a l’air intéressant.
    Par rapport à sa fille, ce que tu dis est vrai : c’est bien parce qu’elle doit avoir entendu beaucoup d’anecdotes inédites qu’elle doit pouvoir en faire un « vrai » portrait, avec qualité et défaut.
    As-tu vu le biopic sur Malcolm X ? Moi non. Je connais peu ce personnage en fait, mais depuis que j’ai vu Détroit j’ai envie d’en savoir plus sur ce qu’ont vécu et vivent les afros-americains.

    Bisou

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