Le consentement

Un livre de Vanessa Springora publié aux éditions Grasset

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Séduite à l’âge de quatorze ans par un célèbre écrivain quinquagénaire, Vanessa Springora dépeint, trois décennies plus tard, l’emprise que cet homme a exercé sur elle et la trace durable de cette relation tout au long de sa vie de femme. Au-delà de son histoire intime, elle questionne dans ce récit magnifique les dérives d’une époque et la complaisance d’un milieu littéraire aveuglé par le talent et la notoriété. 


Autres mœurs, autre époque,dirons certains.

Une certaine nausée cependant m’envahit à l’idée qu’une caution ait pu être accordée à des hommes d’âge mûr se vantant de leurs préférences pour des adolescents ou des jeunes enfants.

Personne ne voyait-il vraiment l’emprise, la faille exploitée de ces jeunes, ce consentement qui n’en était pas un ?

D’autant plus quand l’œuvre littéraire de l’individu en question prend la forme d’un journal intime dans lequel les relations avec des mineurs sont évoquées sans équivoque ?

Vanessa Springora prend la plume pour donner la parole, sa parole, aux victimes abusées par cet écrivain.

C’est avec une écriture clinique, sans fioritures qu’elle nous dit l’emprise et le poids de la culpabilité.

Celle d’une adolescente de 14 ans victime d’un homme de presque cinquante ans.

V. à grandi autour d’une famille qui se déchire. Un père aux abonnés absents, une mère occupée.

La rencontre qui fera basculer sa vie. Celle avec un pédophile qui cachera ses penchants illicites sous couvert de liberté. Qui saura l’étourdir d’attentions, l’emprisonner dans sa toile nauséabonde.

La relation finira par se terminer, mais pas la souffrance de V., culpabilisant, se heurtant toujours à son agresseur œuvrant dans le même milieu professionnel qu’elle.

Ce livre est un exutoire. Pour dénoncer et reprendre le pouvoir. Montrer que le bourreau ne pourra être le plus fort malgré la destruction, malgré l’absence de poursuites judiciaires.

Dénonciation de la complaisance, de la liberté préservée du coupable, des parents absents et des compréhensifs de l’innommable.

Un livre coup de poing et coup de cœur.

C’est que, dans les années soixante-dix, au nom de la libération des mœurs et de la révolution sexuelle, on se doit de défendre la libre jouissance de tous les corps. Empêcher la sexualité juvénile relève donc de l’oppression sociale et cloisonner la sexualité entre individus de même classe d’âge constituerait une forme de ségrégation. Lutter contre l’emprisonnement des désirs, contre toutes les répressions, tels sont les mots d’ordre de cette période, sans que personne y voie à redire, sinon les culs-bénits et quelques tribunaux réactionnaires.

2 réflexions sur « Le consentement »

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