Les jours de Saveli

Un roman de Grigori Sloujitel traduit par Maud Mabillard et publié aux éditions des Syrtes


Le chat Saveli voit le jour dans le jardin d’un hôtel particulier abandonné de Moscou. Un fragment de Vivaldi, un carton de bananes, les parfums du jardin représentent ses premiers souvenirs. Doté d’une curiosité aiguë, Saveli est attiré par l’inconnu et l’aventure. Il aime observer ce qui l’entoure, et livre ses réflexions mordantes ou acerbes avec la précision d’un joueur d’échecs. Ainsi donc, en observateur aguerri, Saveli devient un chroniqueur hors pair de son monde.

En même temps qu’une pseudo-biographie écrite le sourire en coin, Les jours de Saveli est une fresque de Moscou et de ses habitants. Comme Saveli, la ville semble posséder plusieurs vies et, en dépit des dangers, conserve toujours son charme et surtout son esprit libre. Les jours de Saveli est un petit traité de survie, mélange de tendresse, d’humour, de tristesse et de résignation, véritable métaphore de la vie humaine.


Il y a des couvertures qui attirent l’œil, qui vous racontent une histoire avant même d’avoir lu la première page. 

Et puis, il y a des récits qui vous happent du début jusqu’à la fin.

« Les jours de Saveli » réunit tout cela. 

L’auteur, dont c’est le premier roman, nous entraîne dans l’histoire de ce chat moscovite.

Saveli naît dans une famille monoparentale, ce qui est la norme chez les chats. Il grandit auprès de sa mère et de ses sœurs, dans un carton de bananes, entourés par la bienveillance d’étrangers qui les nourrissent régulièrement, à l’ombre d’un hôtel particulier, devenu une clinique obstétrique abandonnée.

Les jours se suivent tranquillement quand Saveli est adopté de force par un jeune garçon. Mais le besoin de liberté est trop fort pour le jeune chat qui s’enfuit et découvre la vie, loin d’un maître et d’un foyer. 

Ce roman de la rentrée littéraire est très réussi. 

La vie de ce chat est une oscillation entre bonnes rencontres et mauvaise fortune, anges gardiens et bourreaux. Une vie féline pas différentes des nôtres. Mais avec un besoin viscéral de liberté, de recherche de nouveaux horizons. 

La plume est vive, maniant avec talent les descriptions et les sentiments des chats. 

J’ai également aimé suivre les pérégrinations de Saveli dans les rues de Moscou, au fil des saisons. 

Et les humains ? Ne vous inquiétez pas, ils ne sont pas absents du récit. Ils sont même très présents, pour la plupart, abîmés par la vie. Sans oublier qu’évoquer la vie des félins est une façon détournée de parler de notre vie à nous. 

Ce roman est un belle reconstitution de tranches de vie moscovite, de sa beauté et de ses échecs. Un récit doux-amer à découvrir ! 


 » Sur la place Andronik, les voitures qui nous croisaient nous adressèrent des saluts respectueux, klaxonnant et s’arrêtant dans un hurlement de freins, leurs pneus dessinant d’élégantes ondulations. Ayant reçu de maman nos premières leçons d’étiquette, nous nous inclinâmes à notre tour et sourîmes avec courtoisie. Le tramway n°20 nous enthousiasmait tout particulièrement. Notre douce mère était partie un peu en avant, et nous nous attardâmes sur les rails, conquis par le charme désuet de l’engin. Lent et brinquebalant, avec un trapèze absurde sur son toit, il arrosa la chaussée d’étincelles, puis s’immobilisa dans un grincement de ferraille, ses grilles-moustaches nous surplombant. »

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